The invisible man

Date: 
Saturday, May 1, 2010
Personal protection specialist, practicing martial arts for over half a century,  Master Pascal Serei discuss during an international martial art seminar in Levis, some points regarding the job of such a specialist.

Ref.: Le Soleil newspaper, Quebec city, interview with Master Pascal Serei

Olivier
Bossé

obosse@lesoleil.com


LÉVIS — «Un garde du corps, c'est quelqu'un que tu ne vois pas», soutient Pascal Serei. Et
si ce n'était de sa renommée dans l'univers des arts martiaux, il passerait inaperçu parmi les participants au congrès annuel de la Fédération mondiale de kobudo, à Lévis.

Fin cinquantaine, pas costaud, lunettes discrètes, kimono noir, rien ne distingue ce grand-père (cinq fois) de ses centaines de condisciples qui se réunissent sur la Rive-Sud jusqu'à au- jourd'hui. Bien sûr, sa ceinture rayée rouge et blancle désigne comme une sommité dans de sa discipline, mais plusieurs autres chevelures grisonnantes s'accompagnent de la fameuse ceinture bicolore.
«Si tu as quelqu'un à éliminer, tu vises le garde du corps en premier», fait-il valoir, ajoutant queles mastodontes de 6'5'' aux lunettes fumées et oreillettes bien en vue si souvent aperçus autour de vedettes ne sont rien d'autres que «des ouvreurs de foule». Petit-fils d'un champion sabreur et fils d'un agent des forces spéciales françaises, le Montréalais de 57 ans est ceinture noire dans neuf disciplines. Il se spécialise dans l'aiki ju-jitsu (huitième dan), technique traditionnelle basée sur l'autodéfense en situation de combat réel qu'il a lui-même modernisée pour répondre aux exigences du monde contemporain. À commencer par le besoin de protection des personnalités, dont il fait métier.
«Oui, parfois ça se passe au risque de notrevie, mais ça vient avec le job . C'est sûr que j'ai plus de chances que ça m'arrive que si j'étais couturier», lance Serei, impassible, à propos des risques inhérents à son boulot. S'il peut révéler sans crainte l'identité de certains de ses élèves, dont des membres du SWAT de la Sûreté du Québec, il s'avère beaucoup plus secret quant à celle de ses clients, actuels ou passés.
«Quand j'étais dans le domaine artistique, j'avais les cheveux plus longs et je m'habillais en conséquence pour avoir l'air du gars du son», peut-on quand même lui soutirer, alors qu'il souligne l'importance de «l'effet de surprise».
Il a d'abord mis ses méthodes à l'épreuve comme videur dans des bars où «ça bougeait beaucoup». «Je voulais savoir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Je testais mes tactiques, pas la frappe. Tout le monde peut frapper», assure celui qui a ensuite été formé à l'Executive Protection Institute de Bluemont, en Virginie.

TOUJOURS SANS DÉFAITE
Même s'il avoue avoir «eu chaud» à de rares occasions dans sa carrière, particulièrement lors de contrats pour le compte de clients québécois en Amérique latine, Serei affirme sans ciller ne jamais avoir perdu «un vrai combat, dans la rue». Et on le croit sur parole. «Dans l'ensemble, j'ai une assez bonne moyenne et je suis encore là pour en parler», résume-t-ilavec le sourire, alors qu'il contemple une semi-retraite où il se consacrera à la formation.
Si Serei estime quele Canada «n'est plus le pays qu'il était avant», que de croire que «les
pascal
Même s'il peut avoir l'air d'un homme ordinaire, Pascal Serei est une sommité
dans l'aiki ju-jitsu, ceinture noire dans huit autres disciplines et, surtout, un
garde du corps redoutable. - PHOTOS LE SOLEIL, ERIK LABBE
cellules terroristes, les gangs de rue, la mafia russe» ne sont que l'apanage de contrées lointaines serait de «faire l'autruche», il convient queles gardes du corps ne sont pas infaillibles. «Le pré- sident des États-Unis [John F. Kennedy, 1963] et le premier mi- nistre d'Israël [Yitzhak Rabin, 1995] ont été assassinés même s'il y avait des gardes du corps partout», rappelle-t-il.
« Un garde du corps, c'est quelqu'un que tu ne vois pas »

— Pascal Serei, participant
du congrès annuel de la Fédération mondiale de kobudo
,à Lévis